dimanche 1er février 2004
Le Collège québécois des médecins de famille est heureux de s’associer à la Coalition Québec-Vert-Kyoto et de faire connaître publiquement son opposition au projet de la centrale électrique au gaz du Suroît que prépare le gouvernement de Charest et Hydro-Québec.
Les médecins de famille du Québec sont de plus en plus préoccupés par les problèmes de santé environnementale car de plus en plus de personnes malades les consultent avec des symptômes causés ou aggravés par la pollution de l’air atmosphérique et le réchauffement de la planète.
La première menace, la pollution de l’air, se fait déjà sentir au Québec par une augmentation de 8 pour cent du taux de mortalité durant les épisodes de forte pollution atmosphérique. C’est-à-dire que jusqu’à 1900 personnes à Montréal et de 4000 personnes au Québec décèdent prématurément, à chaque année de problèmes reliés à la pollution atmosphérique.
Aussi, dans les jours qui suivent une importante présence de smog, on remarque une hausse importante dans le nombre de visites dans les urgences et le taux d’hospitalisations pour les problèmes respiratoires augmente de 6 % dans la population générale et de 15 % chez les enfants, les personnes âgées et celles qui ont déjà des problèmes cardiaques ou pulmonaires.
La pollution atmosphérique peut occasionner de sérieux problèmes de santé comme l’asthme, la bronchite et les troubles cardio-respiratoires. Une exposition prolongée peut même causer des dommages aux tissus pulmonaires, entraîner le vieillissement précoce des poumons et déclencher des maladies pulmonaires chroniques.
La seconde menace et la plus grave dans le cas de la centrale électrique au gaz du Suroît est celle du réchauffement de la planète.
Environ 70 décès reliés à la chaleur surviennent chaque année à Montréal. On estime que ce chiffre passera à 460 décès par année en 2020 et à 1140 par année en 2050.
Aussi, les Québécois sont susceptibles de souffrir des invasions de moustiques et de l’apparition de maladies potentiellement mortelles telles que la malaria, la dengue, l’encéphalite virale et le virus du Nil occidental.
Le Québec, considéré comme un chef de file mondial en environnement, compromet maintenant sa réputation en construisant cette centrale électrique au gaz du Suroît.
Pour satisfaire au Protocole de Kyoto (diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 6% sous le niveau de 1990), le gouvernement du Québec doit passer à l’action et prendre des mesures pour réduire la consommation de combustibles fossiles.
Ces réductions sont nécessaires pour prévenir les graves conséquences des changements climatiques et de la pollution atmosphérique sur la santé.
Il existe des solutions pratiques et efficaces. C’est la volonté politique de les mettre à exécution qui fait défaut au sein du gouvernement actuel !
Merci de votre attention !
Harold Dion
Président du Conseil d’administration
Collège québécois des médecins de famille
RT Burnett et al., The Canadian Journal of Public Health, May-June 1998
AJ McMichael, et al., Changements climatiques et santé humaine (Genève : OMS 1996, p.64)
CMAJ, 19 sept 2000 ; Vol 163 (6) p. 729.