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La Presse - Projets de ports méthaniers

Des groupes écologistes exigent un moratoire

mardi 11 septembre 2007, par Ariane Lacoursière


Las que le débat sur la construction de ports méthaniers sur le fleuve Saint-Laurent soit relégué aux régions du Québec, une cinquantaine de groupes écologistes s’unissent pour sensibiliser les populations urbaines et pour réclamer un moratoire sur tout développement de terminal gazier dans la province.

Depuis plus de trois ans, plusieurs associations militent pour contrer deux projets de ports méthaniers près de Beaumont dans Bellechasse et de Cacouna dans le Bas-Saint-Laurent. Mais jusqu’à maintenant, ces efforts ont été vains. En juin dernier, le gouvernement a donné le feu vert à la construction d’un terminal à Cacouna. Au même moment, le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a donné son aval à un projet similaire près de Beaumont. D’ici la fin du mois, la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, doit annoncer si elle donne ou non son appui à cette construction.

Selon les écologistes, si les projets ont été si facilement adoptés, c’est que seules les régions sont au courant de la problématique. "On s’est rendu compte que le débat à ce sujet n’était qu’en région. On s’est dit qu’on allait l’amener à Montréal pour que les gens soient plus conscientisés", explique Daniel Breton, porte-parole de la Coalition Québec-Vert-Kyoto.

Marche de protestation

Pour ce faire, Équiterre, Greenpeace et une cinquantaine d’associations organisent conjointement une grande marche de protestation à Montréal, le 22 septembre prochain.

Et dans l’espoir de convaincre la ministre Beauchamp des méfaits des terminaux méthaniers, ces groupes réclament d’une même voix un moratoire au gouvernement. Ils souhaitent que tout développement de port méthanier soit suspendu le temps que toutes les retombées soient étudiées et entendues par l’ensemble de la population.

Selon le président de la coalition Rabat-Joie, Yves St-Laurent, il est important de prendre le temps d’étudier les effets à long terme de l’exploitation gazière sur le fleuve Saint-Laurent. "Un port méthanier dégage annuellement la même quantité de gaz à effet de serre que 80 000 véhicules. Je ne comprends pas pourquoi le Québec accueillerait de tels projets alors que les États-Unis sont eux-mêmes très frileux à le faire", dit-il.

Des politiciens appuient leur démarche

En plus des militants écologistes, des politiciens soutiennent l’initiative. "Le projet est beaucoup trop risqué pour la population et les écosystèmes", a déclaré hier le candidat du NPD dans Outremont, Thomas Mulcair. La chef du Parti vert du Canada, Élizabeth May, croit elle aussi qu’un moratoire est essentiel pour que la lumière soit faite sur la question. Au ministère de l’Environnement du Québec, on se contente de dire que l’appel des écologistes a été entendu.

La présidente de Gaz Métropolitain, Sophie Brochu, est quant à elle choquée par la proposition des écologistes d’imposer un moratoire. "Les arguments qu’ils présentent sont faux. Aux États-Unis, près de 20 projets de ports méthaniers ont été acceptés au cours des trois dernières années. Mettre un moratoire sur le développement du gaz naturel au Québec ce serait encourager le retour à l’utilisation du mazout, un produit qui est beaucoup plus polluant. Je ne comprends pas les militants qui semblent vouloir nous freiner dans l’atteinte des objectifs de Kyoto", soutient Mme Brochu, qui croit qu’il est temps que les écologistes "disent la vérité".

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