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En réponse à l’article de La Presse « Importer du gaz naturel sera nécessaire »

vendredi 6 mars 2009, par Lise Thibault

Bonjour Mme Baril,

J’aimerais réagir à votre article d’hier intitulé « Importer du gaz naturel sera nécessaire ». Quelques contradictions et lacunes m’apparaissant importantes à corriger, je vous invite donc à regarder l’autre côté de la médaille.


Voir en ligne : La Presse : Importer du gaz naturel sera nécessaire

Selon M. Gaétan Caron de l’ONÉ, « le gaz naturel liquéfié a l’avantage de diversifier l’offre de gaz et d’en améliorer la fiabilité, alors que la production de gaz de l’Ouest canadien décline ».

Si le déclin de production de gaz dans l’Ouest constitue un problème tellement important pour l’ONÉ qu’il justifie l’implantation de terminaux méthaniers d’Importation, il faudrait inviter M. Caron de l’ONÉ à expliquer la pertinence du projet Kitimat, en Colombie-Britanique, et comment celui-ci a pu voir le jour et recevoir il y a quelques semaines ses autorisations gouvernementales pour construire un terminal de liquéfaction de gaz naturel visant à EXPORTER DU GAZ NATUREL DE L’OUEST CANADIEN VERS L’ASIE !

Et aussi pourquoi de grandes entreprises sérieuses, dont Mitsubishi, investiraient quelques milliards $$ pour un projet dont les sources d’approvisionnement seraient appelées à disparaître dans un proche avenir. http://www.kitimatlng.com ou http://www.kitimatlng.com/code/navigate.asp ?Id=2.

L’ONÉ éviterait-elle de faire la différence entre les termes « production » et « réserves » dans le but de fausser l’information ?

Par ailleurs, si les réserves étaient inquiétantes au point où l’on tente de le laisser croire, comment l’ONÉ peut-elle ne pas tenir compte du chapitre VI de l’ALÉNA et continuer à justifier les terminaux méthanier dont la principale raison d’être est de diriger la plus grande partie de leur importation de gaz vers les États-Unis, y compris Rabaska ? (En ce qui concerne Rabaska, en plus d’être une « ouverture vers le marché américain », la plus grande partie du gaz provenant actuellement de l’Ouest canadien vers le Québec et l’Ontario serait redirigée vers les É.U.)

Mme Baril, je vous invite de façon pressante à revisiter ce dossier plus en profondeur. Un bonne idée serait de commencer par ce chapître VI de l’ALÉNA sur l’énergie : vous y découvrirez qu’il est loin d’être sage d’augmenter notre approvisionnement par importation en même temps que nos obligations de quota d’exportation d’énergie fossile envers nos voisins américains et comprendrez que « améliorer la fiabilité de l’offre de gaz » ne tient pas la route, surtout quand on s’apprête à dépendre pieds et poings liés de Gazprom. Par la suite, un coup d’oeil sur sur le contenu des audiences du BAPE sur Rabaska vous en apprendra beaucoup sur le non-dit du rapport qui en a résulté, particulièrement sur la « justification »du projet rabaska (Association canadienne du gaz naturel, Ministère des ressources naturelles Canada, etc...) Vous y apprendrez entre autre que les réserves canadiennes en gaz naturel sont de l’ordre de« 70 ans » (ACGN) et que « le fait que les réserves à la production ne soient que de 7 à 10 ans n’est pas préoccupant (MRNC). Vous y prendrez aussi connaissance d’un condensé de l’historique qui explique cette baisse de l’inventaire des réserves canadiennes de production.

Sur demande, il me fera plaisir de vous fournir les références précises concernant ce qui précède.

Je vous remercie de votre attention,

Lise Thibault,
Lévis
Membre du Collectif Stop au Méthanier