« Ils (les commissaires) n’ont pas fait un travail exemplaire. Il y a lieu que le gouvernement ne renouvelle pas les services du commissaire permanent Qussaï Samak et du commissaire temporaire Jean Paré, comme président ou participant à d’autres commissions du BAPE », a aussi exigé le président du GIRAM, Gaston Cadrin.
C’est que M. Cadrin et son collègue Michel Lessard ont la certitude que le BAPE sur Rabaska a été « pipé » et « noyauté », qu’il y a eu « tricherie » et « orchestration » du discours en faveur du projet dans les milieux socio-économiques. C’est-à-dire en l’occurrence qu’au moins 110 des 463 mémoires pro-Rabaska ont été produits par des entreprises parce qu’elles avaient été « systématiquement sollicitées » par les chambres de commerce et autre organismes socio-économiques. Et au moins 250 à la demande expresse de l’organisme À bon port.
« Nous avons des raisons de croire que la plupart de ces mémoires ont été prérédigés par des communicateurs professionnels qui n’ont demandé que des signatures à des prête-noms », a affirmé M. Cadrin, évoquant des « modèles » de textes et une « chaîne de signatures ».
Examen maison
Un examen maison de la masse des mémoires en faveur de Rabaska réalisé par Le Soleil a révélé un certain nombre de similitudes dans la présentation et la typographie. Et 75 textes abordant quelque 25 thèmes qui ont été allègrement passés au duplicateur.
C’est ainsi qu’un résidant de la « Rive-Sud de Québec », d’autres « de la région de Québec », de Saint-Georges, de Saint-Lambert, de Sainte-Claire et de Sainte-Rose-de-Watford expriment tous exactement dans les mêmes mots au fil de 40 lignes qu’« on ne peut faire d’omelettes sans casser des oeufs » et que Rabaska est « un bon projet ». Qu’un résidant de Lévis, un autre de Québec et un troisième de provenance indéterminée se préoccupent de « certaines minorités d’individus » dans des textes tout à fait semblables intitulés « L’irrecevabilité de Rabaska, l’attitude ». Ou encore ces résidants de Québec et de Saint-Lazare, Bellechasse, qui font état à l’unisson de « L’attachement au projet avec la collectivité. Et les besoins de l’économie sociale ». Cinq mémoires affirment aussi avec un bel ensemble que « le prix du pétrole pourrait doubler au cours des quelques prochaines années et le prix du gaz naturel non liquéfié pourrait tripler ». Etc.
Jusqu’aux chambres de commerce de la MRC de Bellechasse, de Montmagny et de la région de Chaudière-Appalaches qui se sont passé leurs copies.
e constat n’a pas bouleversé Jean-Sébastien Fillion, responsable des communications au BAPE. « Oui, nous les avons vus (les copier-coller). Ce n’est pas la première fois que cela se produit, c’est déjà arrivé dans d’autres dossiers que des mémoires soient identiques ou quasi identiques », a-t-il observé, notant que les demandeurs d’audiences publiques usent souvent aussi de la même formulation.
« Le BAPE ne s’arrête qu’à l’argumentaire. Le nombre n’a pas de valeur pour nous », a-t-il souligné.
Pour À bon port, le communicateur Stéphane Michaud a indiqué n’avoir « aucune idée de quoi ils (GIRAM) parlent dans leur supposée étude ». « À bon port n’a pas fait ça », a-t-il affirmé, le groupe s’en tenant sans plus à indiquer à ses membres comment entrer en communication avec le BAPE.