Le GIEC recommande le développement de technologies propres.
dimanche 25 janvier 2004, par Jacques Languirand
Jacques Languirand
Porte-parole de la Coalition Québec-Vert-Kyoto
En acceptant d’être le porte-parole de la Coalition Québec-Vert-Kyoto contre la construction de la Centrale Le Suroît par Hydro-Québec, j’ai d’abord voulu faire le point pour moi-même sur les conclusions du GIEC à ce jour. Voici le résumé des informations que j’ai retenues :
Depuis la fin des années 80, le GIEC (Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat - créé par l’ONU) expertise l’information scientifique relative au climat pour le compte de la communauté internationale.
Le GIEC a été mandaté pour faire travailler ensemble des milliers de chercheurs de tous pays sur un sujet aussi brûlant que le réchauffement climatique ; synthétiser leur expertise en quelques dizaines de feuillets ; et prévoir que ce résumé devra être adopté à l’unanimité par quelques 170 États.
Depuis 1988, les chercheurs du GIEC ont rendu incontestable l’idée que « le climat de notre planète se réchauffait en grande partie sous l’influence humaine. »
Quelques étapes vers un consensus :
Août 1990 : Premier rapport du GIEC
Ses conclusions sont ambiguës : le réchauffement observé est jugé « comparable à la variabilité naturelle » mais les projections, elles, annoncent une augmentation.
1992 : Sommet de Rio
1995 : Deuxième rapport du GIEC
Ce rapport relève qu’un « ensemble d’arguments suggère une influence perceptible de l’homme sur le climat. »
1997 : Protocole de Kyoto
Ce protocole, aux objectifs pourtant bien modestes, n’est toujours pas entré en vigueur.
2001 : Troisième rapport du GIEC
(Il se trouve que la décennie 1990-2000 a été la plus chaude depuis qu’existent les relevés météorologiques.)
La conclusion de ce rapport, le dernier à ce jour, est sans appel : la température moyenne terrestre a crû de + 0,6°C depuis le début du siècle, et « la majeure partie du réchauffement observé au cours des cinquante dernières années est due aux activités humaines. »
En treize ans et plusieurs milliers de pages, le GIEC est donc parvenu à dégager un consensus parmi les chercheurs du monde entier sur la réalité de la menace climatique.
Les 881 pages du tome I du dernier rapport sont l’œuvre collective de 122 auteurs, assistés de 515 contributeurs et de 21 relecteurs principaux, eux-mêmes aidés par 700 collaborateurs !
Le RUD (Résumé pour décideurs)
Un résumé à l’usage des décideurs, qui précise les conclusions du troisième rapport, a été approuvé par les gouvernements (400 membres représentant plus de 170 États).
Suspicion américaine
Suite au rapport 2001, le président Bush a commandé à la National Academy of Sciences (NAS) un contre-rapport sur le changement climatique. Échec de l’opération : la NAS a repris l’essentiel des conclusions du GIEC.
2007 : Prochain rapport du GIEC
Économiste de formation, le nouveau président du GIEC, l’Indien Rajendra Pachauri, a annoncé son intention d’insister, dans le prochain rapport, sur les conséquences socio-économiques du réchauffement et sur les choix technologiques envisageables pour y faire face.
Les experts du GIEC risquent fort de devoir constater que les mesures auxquelles ils sont favorables (réorientation énergétique, limitation de l’urbanisation des littoraux, développement de technologies propres) n’ont toujours pas été prises. [1]
Le « développement de technologies propres » : c’est ce qu’il fallait démontrer (CQFD).
JL
[1] Les informations contenues dans ce document proviennent d’un article de Nicolas CHEVASSUS-AU-LOUIS, journaliste, « Enquête sur les experts du climat », paru dans La Recherche, No. 370, décembre 2003.