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La Presse

Les opposants ne baissent pas les bras

jeudi 25 octobre 2007, par Malorie Beauchemin

Les groupes d’environnementalistes opposés au projet Rabaska sur la rive sud du fleuve en face de Québec ne baissent pas les bras, malgré l’adoption hier du décret gouvernemental qui en autorise la construction. Ils entendent continuer leurs actions afin de convaincre la population que le Québec n’a pas besoin de deux ports méthaniers. « Rabaska, c’est un projet économiquement et écologiquement absolument injustifiable », soutient d’emblée le porte-parole de QuébecKyoto, Daniel Breton.

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« Ce sera une erreur historique majeure », prédit-il, puisqu’une demande plus forte qu’une offre de la ressource fera selon lui grimper en flèche le prix du gaz naturel. Bien qu’il ne soit pas contre l’utilisation du gaz naturel, la démonstration n’a pas été faite, selon lui, que deux ports méthaniers (Rabaska et Gros-Cacouna, approuvé par décret gouvernemental en juin) sont nécessaires pour les besoins énergétiques du Québec.

« Ça va à l’encontre des intérêts des Québécois », soutient M. Breton, rappelant que la Russie, un des pays fournisseurs avec lesquels négocient les promoteurs, a déjà « fermé les valves » de son précieux produit pour faire augmenter artificiellement le prix du gaz naturel à l’ouest, se servant de cette ressource comme « d’une arme politique économique ».

La coalition Rabat-Joie a aussi fait savoir qu’elle continuerait de s’opposer à la construction de cette infrastructure majeure à proximité de zones habitées. Les opposants aux projets tiendront une manifestation dimanche après-midi, devant l’Hôtel du Parlement, à Québec. « Les gens hors de la région de Québec ne sont pas au courant. Il y a tout un travail de sensibilisation à faire, souligne le porte-parole de QuébecKyoto. Nous allons bien expliquer aux gens les tenants et aboutissants et nous pensons que la raison va prévaloir. » Pour preuve, M. Breton cite le projet de la centrale du Suroît, avorté après que d’intenses pressions populaires eurent fait reculer le gouvernement, même après l’adoption d’un décret.

Certains opposants, des agriculteurs notamment, souhaitent même porter le dossier devant les tribunaux afin de freiner le projet.