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Les verts au centre-ville

La Maison du développement durable érigée près du TNM

lundi 29 janvier 2007, par François Cardinal

Grâce à un étonnant partenariat avec le gouvernement et Hydro-Québec, les groupes écologistes se construiront un tout nouveau siège social au coeur de la métropole. On promet déjà l’érection d’" un des bâtiments les plus verts au monde ".

Hydro-Québec a confirmé hier qu’elle cédera - pour 1 $ - à plusieurs groupes écologistes, dont Équiterre et Greenpeace, un terrain fort convoité du centre-ville. Situé à côté du Théâtre du Nouveau-Monde, à l’angle des rues Sainte-Catherine et Clark, il accueillera la future Maison du développement durable.

Évaluée de façon préliminaire à quelque 20 millions de dollars, la facture du projet sera assumée par de nombreux partenaires dont la majorité provient du monde des affaires (Caisse de dépôt, Chambre de commerce de Montréal, etc.). Étrangement, hier, le gouvernement du Québec a été incapable de préciser la hauteur du montant qu’il versera.

La secrétaire générale et vice-présidente d’Hydro-Québec, Marie-José Nadeau, a lancé hier officiellement la campagne de financement privée qui permettra au projet de devenir réalité. On prévoit à l’automne le début du chantier.

De son côté, le ministre de l’Environnement, Claude Béchard, a promis de devenir " le président " de la campagne de financement publique afin de grappiller à droite et à gauche les sommes qui seront nécessaires pour mener le projet à terme.

Pour ce faire, Hydro-Québec fournira donc aux écologistes un terrain de 15 000 pieds carrés évalué à plus d’un million de dollars, situé tout juste derrière son propre siège social.

L’objectif du projet piloté par Équiterre est de créer au centre-ville " un pôle du développement durable " où convergeront groupes et projets verts. En plus des locaux d’organismes tels Greenpeace, Option consommateur et le Conseil régional de l’environnement de Montréal, la Maison de sept étages abritera des salles de réunion ainsi qu’un centre d’interprétation sur le bâtiment durable et des commerces d’économie sociale.

Afin de montrer l’exemple, la firme d’architectes Menkès Shooner Dagenais Letourneux tentera d’obtenir pour son édifice la certification internationale LEED platine (Leadership in Energy and Environmental Design).

Si d’autres bâtiments au Québec peuvent se vanter d’avoir l’étiquette LEED (édifice Lassonde de Polytechnique, Mountain Equipment Coop, etc.), aucun n’a encore obtenu la certification platine, la plus contraignante de toutes.

Le cofondateur et coordonnateur général d’Équiterre, Sidney Ribaux, envisage même d’ajouter un niveau de difficulté supplémentaire. " Nous étudions la faisabilité d’aller encore plus loin que le niveau platine, a-t-il précisé. Ce bâtiment utilisera les meilleures technologies liées à l’efficacité énergétique, à la consommation de l’eau, à la réduction des déchets de construction et à la qualité de l’environnement des travailleurs. "

Interrogé sur le partenariat que les écolos osent signer avec ceux-là même qu’ils critiquent à l’occasion, M. Ribaux a répondu qu’il n’y avait aucune crainte à avoir. " Les organismes ont déjà du financement en provenance du gouvernement et des entreprises, a-t-il dit. Nous ne vendons absolument pas les positions que nous prenons. Jamais nos positions ne sont fonction de nos bailleurs de fonds. "

Le ministre Béchard a pour sa part assuré que l’appui du gouvernement " n’est pas en lien avec une critique ou pas ". " C’est certain que nous ne pouvons pas être d’accord sur tout, mais il y a des projets comme celui-là sur lesquels nous pouvons travailler ensemble. "

Précisons que le bâtiment sera la propriété d’un organisme sans but lucratif géré conjointement par les organismes qui ont initié le projet il y a quatre ans. S’il est possible que des entreprises emménagent dans le bâtiment lors de son ouverture, prévue à l’automne 2008, la vaste majorité des locataires proviendront des organismes écologistes et d’économie sociale.