Communiqué de presse - Pour diffusion immédiate
dimanche 25 mai 2008
Le projet de loi C-33 ouvrirait la voie au détournement massif des champs de maïs, de blé et de canola canadiens vers la production d’agrocarburants. En effet, Agriculture et Agroalimentaire Canada estime que pour atteindre l’objectif de 5 % d’éthanol dans la consommation de carburant en 2010, il faudrait environ 50% de la superficie ensemencée en maïs, 12% de la superficie de blé et 8 % de la superficie de canola au Canada.
La production d’agrocarburants menace l’environnement de plusieurs manières forçant un recours accru aux fertilisants, herbicides et pesticides. De surcroît, cette production crée déjà une énorme pression inflationniste sur le prix des grains pour l’alimentation.
Selon André Bélisle, de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, (AQLPA) et porte-parole de la Coalition QuébecKyoto, « ce projet de loi, qui cautionne l’utilisation de maïs et d’autres denrées alimentaires pour la production de carburant pour automobiles constituerait un virage désastreux sur le plan social et environnemental, tout en ayant un impact négligeable sur la réduction des GES. Un Canada qui croit au développement durable doit interdire la production d’agrocarburants ».
« L’utilisation des denrées alimentaires pour propulser des véhicules n’a aucun sens », estime Patrick Bonin, de QuébecKyoto. « À l’heure actuelle, la planète peine à nourrir la population. Les importantes augmentations de prix des aliments de base sont en partie dû au fait qu’ils sont en concurrence avec la production de l’éthanol destiné à nourrir des automobiles, ce à quoi les groupes environnementaux se sont toujours opposés ».
« Les seuls biocarburants à développer devraient être à base de graisses et d’huiles alimentaires usées, d’une partie des résidus générés par l’agriculture, l’industrie bioalimentaire et de foresterie, des débris de construction, voire des déchets. De plus, ces biocarburants devraient être utilisés dans des secteurs tels que le transport en commun où leur apport sera le plus efficace pour réduire les gaz à effet de serre », conclut Arthur Sandborn de Greenpeace.
Pour plus de renseignements :
André Bélisle, porte-parole de la Coalition QuébecKyoto et président de l’AQLPA, Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique
418-642-1322, 418- 386-6992