Le Soleil, Actualités, mercredi 17 mars 2004, p. A5
Une membre du c.a. préfère donner sa démission
jeudi 18 mars 2004, par Pierre Couture
Un membre du conseil d’administration d’Hydro-Québec a préféré remettre sa démission plutôt que de donner son aval aux grandes orientations stratégiques de la société d’État.
La démissionnaire est Louise Roy, présidente de L.R. Services-conseils, longtemps associée au Groupe Consensus, un centre de médiation environnementale et sociale. Elle occupait un siège au c.a. de la société d’État depuis le 5 décembre 2001.
Selon Hydro, Louise Roy aurait fait parvenir sa lettre de démission le 10 février dernier au président du c.a., André Bourbeau.
Hier, le mutisme était encore plus grand quant aux raisons de son départ : "On ne commente pas ce type d’événement", a souligné le porte-parole d’Hydro, Marc-Brian Chamberland.
Louise Roy, qui possède près de 25 années d’expérience en consultation publique et en gestion de conflits environnementaux, a toutefois accepté d’expliquer au SOLEIL les raisons motivant sa démission.
"J’étais très mal à l’aise avec les orientations stratégiques de la société d’État. Il y a eu des choix difficiles à faire", a confié l’ancienne commissaire du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
Selon elle, son départ ne serait pas attribuable uniquement au désir de la société d’État d’aller de l’avant avec le controversé projet de centrale au gaz du Suroît, à Beauharnois.
Mais elle avoue que la manifestation observée dans les rues de Montréal contre le projet l’a laissée perplexe.
"Ça faisait très longtemps que l’on n’avait pas vu des milliers de gens marcher dans les rues de la métropole pour des enjeux environnementaux. Quand la société civile se lève, il faut l’écouter."
D’après Mme Roy, le Québec se retrouve maintenant à la croisée des chemins, face à son avenir énergétique. "Il faut que le débat se fasse, a-t-elle poursuivi. Il faut aller au fond des choses et de se dire les vraies affaires. Il faut regarder les différentes filières énergétiques qui s’offrent à nous et faire les bons choix."
Elle espère que la commission parlementaire sur l’avenir énergétique de cet automne permettra de vider la question une fois pour toutes. "Ça fait 10 ans qu’il n’y a pas eu de ce genre de débat au Québec. C’est donc une ouverture unique qui s’offre aux Québécois. Il ne faudrait surtout pas rater cette chance."
Le c.a. d’Hydro compte maintenant 16 membres incluant son président.