mercredi 11 février 2004, par Marc Favreau
Sol, dans sa candeur totale, se plaît à répéter : « La terre c’est une boule toute ronde, comme une pomme... sauf que la terre elle a pas de queue... C’est pas grave qu’elle aie pas de queue, mais c’est seulement un peu embêtant pour nous, on peut jamais savoir quand elle est contente... »
Faut-il être naïf, naïf indécrottable pour arriver à croire que notre planète puisse un jour être heureuse ? À réfléchir un peu au traitement indigne qu’on lui fait subir sans arrêt, on devrait devenir écarlate de honte ! Notre incurable insouciance m’a inspiré cette réflexion, en forme d’alexandrins, que je vous livre ici :
Sitôt qu’il eût compris que la terre était ronde, l’homme s’est écrié : « Quel merveilleux ballon ! » et c’est depuis ce temps qu’il lui tape dessus... qu’il s’acharne sur elle à grands coups répétés, de la tête et du pied... et à bras raccourcis...
Nous avons oublié, minables amnésiques, que notre pauvre terre est aussi notre mère ! Elle nous a mis au monde...et depuis, nous nourrit... et fait notre fortune... Mais nous, jamais sevrés, nous lui demandons tout, et toujours, sans remords, exigeons plus encore... et de plus en plus vite... La pauvre ! l’avons-nous assez bouleversée, chambardée, bousculée, dépouillée, grignotée, pressurée, piratée... rasée, vampirisée ?...
Quand nous aurons raclé tous ses fonds de terroirs, est-ce que nous serons vraiment plus avancés ?
Oh ! Bien sûr nous l’aimons, notre planète bleue... Quand nous lui prenons tout, en retour nous donnons... Si nous la creusons tant, c’est pour mieux la combler. Nous l’aimons bien farcie, truffée de nos déchets, elle est l’héritière de toutes nos ordures, innommables débris, ignobles pourritures, ces fruits de nos plus détestables caprices... Pauvre terre... contaminée... minée... terre minée !
Avons-nous réfléchi que dans le dictionnaire peu après le mot TERRE, on trouve TERRESTRE, tout de suite suivi... de TERREUR, de TERRIBLE et de TERRIFIANT... est-ce coïncidence ou hasard alarmant ?
À nous de réagir... Assez d’indolence ! Secouons la torpeur ! secouons l’inertie ! Sinon... résignons-nous. Voulons-nous persister à nourrir nos excès, et à perpétuer nos vieilles habitudes ?
Alors, préparons-nous... ne nous étonnons pas... C’est peut-être bientôt, c’est peut-être demain... que nous nous trouverons... irréversiblement...ATTERRÉS !... TERRASSÉS !
Texte déposé à la société des auteurs SARTEC, le 3 février 2004
Numéro de dépôt 17379
Nous remercions chaleureusement M. Favreau de nous permettre de publier ce merveilleux texte ; nous apprécions grandement ses « doigts d’auteur » . N’hésitez surtout pas à l’afficher au travail, à l’école...Il fera peut-être réfléchir quelques personnes !