Plus de 1000 personnes ont bravé le vent mordant pour exprimer leur désaccord devant l’Assemblée nationale.
Le feu vert du gouvernement Charest au projet Rabaska, mercredi dernier, semble avoir galvanisé les opposants à la création d’un port méthanier à Lévis. Plus de 1000 personnes ont exprimé leur désaccord hier devant l’Assemblée nationale, lors de la plus importante manifestation organisée jusqu’à maintenant à Québec.
Dans la foule qui a bravé le vent mordant d’une des premières vraies journées d’automne, chacun avait sa petite raison pour monter au front. Parmi les manifestants, des mères inquiètes pour la sécurité de leurs enfants. Des agriculteurs qui veulent conserver leurs terres. Des gens préoccupés par les effets sur l’environnement. Des résidants de l’île d’Orléans soucieux de préserver la beauté du paysage. Des citoyens troublés par l’absence d’une politique énergétique cohérente.
« Il y a une multitude de raisons de s’opposer », dit Marie Gauthier, 49 ans, qui habite Lévis. « Mais surtout parce qu’il ne faut pas développer les énergies fossiles alors qu’on a l’hydroélectricité et les éoliennes. Ce n’est pas vrai que ce projet répond aux besoins des Québécois. »
Cette mobilisation n’est que le début, espèrent les organisateurs. « Tout à coup les gens se réveillent parce qu’ils sont devant le fait accompli », affirme Daniel Breton, porte-parole de la coalition Québec Kyoto. « Je pense qu’il y a un potentiel pour que la mobilisation grossisse à partir de maintenant. »
Refusant de croire qu’il est trop tard, les opposants espèrent toujours faire reculer le gouvernement Charest comme cela a été le cas avec la centrale thermique du Suroît, en 2004.
Une vingtaine de groupes environnementaux, dont la coalition Québec Kyoto, Greenpeace et Équiterre, se sont joints aux manifestants. Le mouvement environnemental est plus uni que jamais, affirme M. Breton, qui reconnaît toutefois que certains groupes ont tardé avant d’emboîter le pas. Au cours des derniers jours, des observateurs ont souligné que la division du mouvement écologiste avait fait le jeu des promoteurs du projet.
Le critique péquiste en matière d’environnement, Camil Bouchard, de même que la député Agnès Maltais étaient aussi présents hier alors que le PQ n’était pas représenté lors de la dernière manifestation à Montréal, en septembre. « On ne peut être d’accord avec un projet qui n’a pas reçu l’aval de la Régie de l’énergie du Québec », affirme M. Bouchard, qui demande au gouvernement de faire la preuve que ce projet est nécessaire.
Le 24 octobre, le gouvernement Charest a donné le feu vert à ce projet qui représente 840 millions $ en investissement privé. Si une entente d’approvisionnement en gaz naturel est conclue, le port méthanier Rabaska pourrait créer 800 emplois au cours de la construction et 70 emplois permanents.