La Presse
dimanche 23 septembre 2007, par Catherine Handfield
« Nous marchons ainsi pour illustrer qu’on n’avance pas vers les objectifs de Kyoto, mais qu’on recule », a dit Daniel Breton, le porte-parole de QuébecKyoto.
L’organisme - l’ancienne coalition Québec-Vert-Kyoto - organisait le défilé dans le sens inverse du trajet emprunté lors de la marche d’appui au protocole de Kyoto, le 22 avril dernier. Du parc Jeanne-Mance, les manifestants se sont dirigés vers le parc Laurier, où a lieu le troisième Festival écolo de Montréal jusqu’à demain.
Ils sont tous venus pour dénoncer deux projets de ports méthaniers actuellement sur la table, le projet Rabaska et celui d’Énergie Cacouna. Le premier, piloté par Gaz Métro, Enbridge et Gaz de France, verrait le jour à Lévis, dans la région de Québec. Le second, mis de l’avant par TransCanada Pipelines et Petro-Canada, doit être construit à Gros-Cacouna, dans le Bas-du-Fleuve.
« On ne dit pas non aux ports méthaniers, a expliqué Daniel Breton. Mais on veut que le gouvernement provincial arrive avec une stratégie énergétique cohérente en imposant des plafonds d’émission de gaz à effet de serre aux entreprises, ce qui fera en sorte qu’on atteindra les objectifs du protocole de Kyoto. »
Un port méthanier est une infrastructure industrielle destinée à accueillir des bateaux qui transportent du gaz naturel liquéfié. Des installations permettent de transférer le combustible pour ensuite le gazéifier, un procédé connu pour émettre des gaz à effet de serre.
Le projet d’Énergie Cacouna a déjà reçu l’aval du ministère des Ressources naturelles et de la Faune, mais Rabaska est toujours en attente d’un avis gouvernemental. Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement l’a appuyé, mais la Commission de protection du territoire agricole a récemment refusé d’autoriser le dézonage des terres à vocation agricole réclamé par Lévis.
« Si on fait juste se fier au marché et à la bonne parole des promoteurs, on est dans la merde », a résumé M. Breton.
Plusieurs organismes et politiciens ont participé à la manifestation, escortés par des agents du SPVM à cheval, à bicyclette et en voiture électrique.
On a notamment vu le nouveau député néo-démocrate Thomas Mulcair, le porte-parole de Québec solidaire Amir Khadir, et Bernard Bigras, du Bloc québécois. Le chef régional du Québec pour l’Assemblée des Premières Nations, Ghislain Picard, est aussi venu faire une courte allocution.
« On est en train de se faire passer un sapin une branche à la fois », a dit la présidente d’Équiterre, Laure Waridel [1].
[1] NdR : Laure Waridel n’est plus présidente d’Équiterre et Équiterre a refusé de participer à la marche.