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Communiqué de presse

Pour un vrai débat public sur la politique énergétique du Québec

Conférence de presse du 26 octobre 2004

mercredi 27 octobre 2004, par Louis E. Beaulieu

Le 26 octobre 2004, la CQVK a tenu une conférence de presse à Québec pour réclamer un vrai débat public sur la politique énergétique du Québec

Québec, le 26 octobre 2004 - La Coalition Québec-Vert-Kyoto demande qu’un vrai débat public sur la politique énergétique du Québec soit mis en place. La CQVK rappelle au gouvernement et à Hydro-Québec que la consultation que le gouvernement prétend vouloir tenir lors de la prochaine commission parlementaire a été faite il n’y a pas si longtemps.

En effet, lors du Débat public sur l’énergie qui a eu lieu pendant les années 95-96, un consensus a été obtenu par tous les grands intervenants de la société québécoise. Des grandes entreprises aux syndicats, des groupes écologistes à Hydro-Québec, du gouvernement à la société civile, tous, après un dur labeur, en sont venus à des conclusions et des recommandations on ne peut plus claires, qui restent actuelles pour la grande majorité d’entre elles, et que la société publique a co-signées.

C’est pourquoi nous les invitons, comme l’indique le titre du rapport « Pour un Québec efficace » rédigé par le président d’alors, M. Alban D’amour, à privilégier une plus grande efficacité en mettant en œuvre ce qui y a été recommandé il y a de cela maintenant presque 10 ans et qui finalement n’a jamais été appliqué.

« Il faut arrêter de tout recommencer, sous peine de perdre notre mémoire collective. Le débat public sur l’énergie de 1995 a été une immense mobilisation et ses conclusions ne se sont révélées que plus pertinentes au fil des expériences réussies partout dans le monde. Nous avons un grand retard à combler et il est temps d’agir » a déclaré Daniel Breton.

Si sa mise à jour sera la bienvenue, il demeure que ses grandes lignes sont toujours d’actualité. Il serait tout à fait contre-productif de recommencer l’excellent travail qui a été accompli par tant de Québécois. Comme le gouvernement actuel se dit partisan de politiques favorisant l’efficacité, nous l’invitons à en faire la preuve en repartant de ce rapport, puisqu’une commission parlementaire comme le ministre Hamad a dit vouloir mettre sur pied est tout à fait insuffisante pour le travail sérieux que cette réflexion demande. Ce n’est pas le bon forum pour analyser collectivement tous les aspects et les enjeux d’une politique énergétique pour le Québec permettant aux citoyen(nes) du Québec d’exprimer leurs choix sur les filières énergétiques qu’ils privilégient. La politique énergétique doit être évaluée en tenant compte, au delà des options énergétiques elles-mêmes, des impacts environnementaux, économiques, sociaux et même touristiques. Nous tenons par ailleurs à rappeler que le premier ministre lui-même avait pris l’engagement solennel de tenir un tel débat dans une lettre rédigée de sa main juste avant les dernières élections.

Nous demandons ainsi au gouvernement de procéder dans ce cadre comme dans celui du Suroît, c’est-à-dire qu’il impose un moratoire aux projets de centrales thermiques - au gaz, de « cogénération » - et de petits barrages ; projets actuels - tels Bécancour et l’appel d’offre de cogénération - et ceux à venir - suite des appels d’offre de cogénération, sans oublier la réfection de la centrale nucléaire de Gentilly II. Nous demandons aussi que les projets de ports méthaniers, d’exploration/exploitation gazière et pétrolière, et de transport du gaz soient inclus dans ce moratoire. Ce moratoire est indispensable si on ne veut pas fausser la consultation publique en la mettant devant des faits accomplis qui engagent l’avenir.

Nous demandons, maintenant que la Russie a ratifié le Protocole de Kyoto et que celui-ci prend force de loi, que l’on remette en place un plan québécois pour le respect du Protocole de Kyoto qui nous engagera, en tant que citoyens du monde, à faire notre part dans la lutte à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il serait hautement irresponsable que, sous prétexte que nous en avons moins émis dans le passé que d’autres provinces ou états, nous tentions de nous soustraire à nos responsabilités. Le gouvernement du Québec n’a plus de plan et ne prend aucune orientation en ce sens, alors que l’Assemblée nationale a adopté unanimement un appui au Protocole de Kyoto et que les citoyens du Québec tiennent à ce que cet engagement soit respecté.

Finalement, nous demandons que la loi 116 soit incluse dans le mandat de la consultation publique sur la politique énergétique afin que nous puissions évacuer les effets pervers qu’elle exerce sur les responsabilités inhérentes à une Régie « socialement » fonctionnelle et, collectivement, décider de se réapproprier Hydro-Québec. D’ailleurs, même la Régie de l’énergie en recommandait une réévaluation.

La Coalition Québec-Vert-Kyoto comprend maintenant une soixantaine d’organismes, dont l’AQLPA, l’UQCN, STOP, Acte-B de Bécancour, le Comité du NON de Beauharnois, des associations étudiantes, le Collège québécois des médecins de famille, des comités de citoyens de partout au Québec, des groupes écologistes, etc.

NON au virage au gaz au Québec

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Pour information : Daniel Breton, porte-parole de la CQVK : (514) 833-3557 André Bélisle, AQLPA : (418) 386-6992 Louis Beaulieu, coordonnateur CQVK : (514) 738-7241