vendredi 30 janvier 2004, par Sylvain Castonguay
En réaction aux commentaires reçus en mobilisant certaines personnes, il semble que plusieurs ont des opinions divergentes et ma fois respectable. Ces opinions sont les suivantes :
Il faut quand même comprendre que les GES est un problème "global" est si nous ne les produisons pas ces KWh avec le gaz naturel, les américains vont les produire soit au charbon soit aussi au gaz naturel et vont nous les vendre ces kWh à prix fort.
L’autre facteur est que si on construit et opère nous même ces centrales nous avons un meilleur contrôle.
Encore une fois, on peut noter la perspective à court terme très alléchante qui est derrière ces économies, ce soi-disant contrôle et la globalité des émissions des GES.
Ma réplique tiendra en quatre arguments :
ÉNERGIE
rendement
La centrale du Suroît doit avoir une capacité de 800 MW, noter que cette puissance multipliée par 24 heures et par 365 jours donne 7 008 000 MWh par année, correspondant à 25 228 800 000 MJ (énergie), correspondant à 528 905 660 kg de gaz naturel(1) par année. Il est à noter que cette centrale fonctionnera au mieux à 60% de rendement, permettant ainsi de brûler 211 562 264 kg de gaz naturel perdu dans le processus de production thermoélectrique.
potentiel éolien
Le Québec possèderait 35 000 MW (43 x Suroît) de potentiel éolien, selon une étude de l’Université du Québec à Rimouski. Ce potentiel ne peut cependant fournir de la puissance en période de pointe. Par contre, il devient commun pour de plus en plus de gens exposé à un moindre bulletin météorologique, que lorsqu’il vente, la chaleur tend à se disperser davantage (facteur vent ou facteur éolien). Ce principe implique aussi donc, que lorsqu’il fait froid et qu’il vente, les éoliennes peuvent participer à fournir de la puissance au réseau. panne.
achat d’électricité
Il est vrai que les centrales thermiques américaines fonctionnent grandement au charbon et que leur impact sur l’environnement est considérable. Il est aussi regrettable d’avoir à penser acheter cette énergie afin d’éviter la construction d’une centrale thermique qui servirait à rencontrer trois pointes dans une année. De plus, comme les projets hydroélectriques risquent d’arriver à terme en 2005 et en 2008, je vois mal comment expliquer Suroît à ce titre.
POLITIQUE
Le projet du Suroît est un VIOL de la démocratie. Il contourne la réglementation que le Gouvernement du Québec à mis en place pour gérer les projets selon leur impact sur l’environnement, cet organisme est appelé BAPE, pour Bureau d’Audiences Publiques sur l’Environnement. Il est la représentation citoyenne dans la démocratie du Québec, face aux projets à nature environnementale. Le Parti Libéral a contourné la volonté populaire, la démocratie pour arriver à satisfaire à une promesse de baisse d’impôts d’un milliard. Il ira donc investir 550M$ dans la construction d’une centrale thermique, parviendra à augmenter les ventes de gaz naturel (Hydro-Québec possède 43% de Gaz Métropolitain) et arrivera donc à rétablir l’équilibre budgétaire avec une précarité hors du commun. Les réserves de gaz naturel s’épuiseront ainsi 30% plus vites, justifiant du coup l’exploration des réserves du Golf du St-Laurent. Sacrifice de l’environnement face à l’économie... réjouissons nous, nous n’aurons plus de baleines (elles sont de toute façon pas très rentables quand vient le temps de payer de l’impôt) mais nous pourrons avoir une voiture plus récente et acheter davantage de DVD jetables pour regarder les baleines qui existaient dans le Fleuve St-Laurent à l’époque où les gens payaient des impôts.
SANTÉ
L’augmentation du taux de CO2 et d’autres gaz dégagés par la combustion de carburants quelconques, produit un nuage de pollution appelé smog urbain. Ce nuage augmente les troubles respiratoires comme l’asthme et autres maladies pulmonaires. Il augmente aussi la température locale car il crée une forme d’effet de serre au dessus de la ville, donnant un aperçu de ce que la planète commence à vivre. Comme chaque année nous remettons plus de CO2 que la planète a été en mesure de capter en 200 000 ans, il va sans craindre que le réchauffement climatique n’est pas une invention ou encore un phénomène naturel, quoi que la présence de l’humain est bel et bien naturelle. Les coûts associés au traitement des maladies respiratoires ne cesse d’augmenter et le nombre des personnes qui en sont atteintes s’est aussi maintes fois décuplé depuis plusieurs années, peut-être est-ce aussi un phénomène naturel ?
EMPRESSEMENT
Agir vite, sans penser aux conséquences tel peut être le rôle d’un premier ministre ambitieux d’appliquer des politiques aussi conservatrices que la réduction des impôts, mais il semble bien que le dommage qu’impose ces décisions n’est clairement pas assumé par cette même personne. Les générations actuelles et celles à venir devront vivre avec cette volonté d’empressement, cette idée de vouloir faire la différence alors que cette différence risque de noircir la vie de bien des gens, voir de marquer à tout jamais le regard envieux de tous les pays producteur d’énergie de la planète.
COMPROMIS
Il faut faire des compromis. Nous consommons de l’énergie. Nous utilisons l’automobile comme moyen de transport. Nous vivons avec une telle insouciance que nous ne pourrons maintenir éternellement. Nous aurons à faire des compromis, à modifier nos habitudes de vie. Nous aurons à changer, changer pour le mieux.
NOUS SOMMES PRÊTS !
Nous voulons économiser notre énergie.
Nous voulons diminuer nos émissions.
Nous voulons savoir quels sont les moyens disponibles.
Nous voulons faire attention à notre seule planète.
Nous voulons être responsable maintenant de nos agissements.
Nous voulons savoir et surtout nous voulons parler en notre nom et au nom de ceux qui nous suivront.
Parce qu’on ne peut pas se satisfaire d’ignorer.
Parce qu’on ne peut accepter de plonger vers le pire.
Parce que notre planète ne peut se défendre toute seule.
Je serai présent à cette manifestation et ce sera avec une fierté que rarement je n’aurai éprouvé à agir comme citoyen de cette planète.
Sylvain Castonguay
sylvain.castonguay@solerainnovation.com