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Réponse à M. Vandal

dimanche 8 février 2004, par John Burcombe


Réplique à

« Oui, la centrale du Suroît est nécessaire »

Thierry Vandal, Le Soleil, 4 février 2004.[et Le Devoir, 3 février 2004]

M. Vandal, en signant son texte « Président, Hydro-Québec Production », semble avoir oublié que le « métier » de sa division commerciale d’Hydro-Québec est, selon le rapport annuel 2002, à « Produire et commercialiser l’électricité ».

En vertu du régime réglementaire que le gouvernement a instauré via la loi 116, à la demande d’Hydro-Québec, c’est le président d’ Hydro-Québec Distribution, M. Yves Filion qui doit

« Assurer l’approvisionnement en électricité » afin de « Fournir à la clientèle québécoise une alimentation électrique fiable et sécuritaire ». Donc, si la « nécessité » invoquée par M. Vandal est réelle et pressante, c’est M. Filion qui devrait agir en demandant à la Régie de l’énergie d’examiner la situation au plus vite. À notre connaissance, la Régie n’a pas reçu une telle demande d’Hydro-Québec Distribution.

En fait, il y a trois mois, Hydro-Québec Distribution a déposé à la Régie son État d’avancement du Plan d’approvisionnement 2002-2011, où elle constate que la demande a effectivement augmentée plus vite que prévu, mais, à long terme, les prévisions ne dépassent pas la gamme de scénarios déjà examinés, à l’encontre de ce que M. Vandal laisse entendre.

Jusqu’à avis contraire, Hydro-Québec Distribution et la Régie de l’énergie ne semblent pas trop préoccupées par la situation, puisque le prochain appel d’offres pour les besoins à long terme du Québec sera lancé seulement vers la fin de 2004, pour des livraisons en 2010. Ce n’est que lors de cet appel d’offres qu’Hydro-Québec Production pourrait offrir une partie ou la totalité de la production du Suroît pour d’éventuels besoins du Québec.

Quant à la « progression sans précédent de la nouvelle construction résidentielle au Québec (80 000 nouvelles habitations construites depuis deux ans) », déjà pour les deux années 1992 et 1993 le nombre de clients résidentiels d’Hydro-Québec a bondi de 92 000. Ce qui est honteux c’est que ces 80 000 nouvelles habitations sont construites à des normes vétustes des années 1980. Pour un investissement de quelques milliers de dollars de plus par habitation, la consommation d’énergie serait réduite de 25% à vie ! Pour 80 000 habitations cela représenterait une réduction d’environ 0,3 Térawattheure (un TWh = un milliard de kilowattheures), soit presque le tiers des économies planifiées par Hydro-Québec d’ici 2008.

Concernant les 26 TWh d’économies récurrentes prévus en 2008 par rapport à 1990 mentionnés par M. Vandal, il faut préciser que seulement 3,4 de ces 26 TWh viendront de programmes d’efficacité énergétique. Le solde serait constitué d’économies tendancielles et d’améliorations dans la production, le transport et la distribution d’électricité, tel qu’expliqué dans le Plan stratégique 2004-2008. Pire encore, les économies nouvelles de 2002 à 2008 ne seront que d’un TWh, soit 0,6 % de la consommation de 2002. On se demande pourquoi la performance d’Hydro-Québec est si pitoyable par rapport à celle de BC Hydro en Colombie Britannique. Avec une charge qui n’est que d’un tiers de celle du Québec, BC Hydro prévoit économiser 3,5 TWh sur 10 ans à un coût de 2,5 cent par kilowattheure. En effet, un tiers de l’augmentation de la demande sera comblé par ces économies. Transposée au Québec, une telle performance économiserait 10 TWh sur 10 ans plutôt que le 1,4 TWh prévu par Hydro-Québec.

Une bonne partie de la mauvaise note d’Hydro-Québec est bien indiquée par M. Vandal : « on ne peut se fier à des gains incertains [provenant de l’efficacité énergétique] pour assurer notre sécurité énergétique. » N’ayant rien fait en efficacité énergétique depuis 1996, Hydro-Québec est maintenant obligée par la Régie de l’énergie de fournir un Plan global en efficacité énergétique. Mais son coeur n’est pas dans ce plan. Il est évident que la haute direction ne croyait pas dans l’efficacité énergétique. Ils ont peur de perdre le contrôle de la consommation des clients. Le but est toujours de vendre plus d’électricité pour faire plus de profits.

À l’égard des 500 MW d’Alouette-2, ce besoin pour 2005-2006 est déjà incorporé dans la demande puisque le premier appel d’offres d’Hydro-Québec Distribution, lancé en 2002, fut augmenté de 600 MW à 1200 MW spécifiquement pour tenir compte d’Alouette. En effet, les 500 MW pour Alouette viendront vraisemblablement d’un autre projet thermique, cogénération Bécancour, qui, d’ailleurs, est presque aussi inefficace (55%) que Suroît (54%) et augmenterait les émissions des gaz à effet de serre du Québec d’un autre 1,7%.

Quant à l’énergie éolienne, la croissance et tellement fulgurante en Allemagne qu’en 2002 la puissance installée était d’environ 12 000 MW ou 12% de sa puissance totale. À noter que 12 000 MW installée représentent 4 000 MW en énergie de base, soit 5 fois la capacité de la centrale thermique du Suroît et un autre bloc de 3 000 MW était installé en 2003. Entre-temps, au Québec la puissance installée n’est que 100 MW ou 0,3% du total et concernant l’appel d’offres pour 1000 MW d’électricité éolienne, il faut savoir que c’est le gouvernement qui a ordonné Hydro-Québec de chercher cette énergie sous forme de quote-part.

Comme les grandes éoliennes ont une durée de vie de plus de 20 ans et que le vent ne coûte rien, le Syndicat professionnel des scientifiques de l’Institut de recherche d’Hydro-Québec (SPSI) a fait valoir que la société d’état économiserait près de 1,5 milliard $ sur 20 ans, en choisissant des éoliens plutôt que Suroît.

6 février 2004

John Burcombe

Mouvement Au Courant, 4711, ave Palm, Montréal (Québec), H4C 1Y1

tél. (514) 937-8283, téléc. (514) 937-7726, aucourant@sympatico.ca

1 Message

  • > Réponse à M. Vandal

    12 février 2004 04:51

    En appuie avec votre lettre je crois qu’il est tout a fait possible d’économiser au moins de l’électricité en la transférant vers le gas naturel directement, si des mesures d’efficacité energétique ne peuvent être mis en place rapidement. J’ai été implique il y a une vingtaine d’années dans la mise en marché d’un des programmes Hydro Québec ou nous devions via un programme HQ qui investissait environ $65/KWatts ( +_ $0.04/KWHRES annuel non récurant ) pour écouler ses surplus d’électricité provenant des dépassements de prévision de la fin des années 70. En moins d’un an nous avions déplacé avec une petite équipe d’une dizaine de personne de la région de Québec près de l’équivalent de 50% la production de la centrale du Suroit de l’huile vers l’électricité . "Programme bienergie instititionnel" Quelque années plus tard ,après avoir épuisé ses surplus d’énergie disponible Hydro s’est empressé de racheter ces contrats et a recupéré instantanément cette énergie pour une fraction des cout de construction d’une nouvelle centrale. Ayant rencontrer plusieur centaines de client pour ces projets j’ai pu par la suite à réaliser tout a fait le contraire dans une autre région non reliéàu réseau HYDRO soit convaincre les clients d’hydro d’abandonner la surconsommation d’énergie électrique et d’entreprendre eux même le financement de leur programmed’économie . Hydro Québec s’engageant de sont coté à rembourser ces clients annuellement pour les KWhres non consummé dans l’année. Ayant réalisé plus de 150 de ces mandats je peut vous affirmer que la population du Québec est très réceptive à changer ses habitudes de consommation si on se donne la peine d’ajouter un encouragement financier Ayant emprunter l’expression à une équipe d’efficacité énergétique du Lac St-Jean j’utilisait à l’époque le terme "NEGAWATT" . je vous assure qu’il est possible de construire des centrales NEGAWATT qui améliore de beaucoup l’environnement.Elle ne sont que virtuelle

    Revenant à la centrale du SUROIT il est absolument inadmissible :
    - de produire de l’électricité thermique au Québec de la transporter chez chacun des abonné du réseau de distribution
    - pour qu’ensuite que l’abonné s’en serve pour produire du chauffage.
    - Le heat rate final à l’abonné peut atteindre près de 7000btu à 7500 BTU/KWatthre vie une centrale thermique même de série H que vente tant HYDRO au point de livraison chez l’abonné -l’installation de chaudière au gas de dernière génération directement dans les résidences donne un heat rate / KWhre de moins de 3800 BTU / Kwatthres .
    - Un simple programme incitatif de mise en marché pouvant dans des délais très court remplacer la centrale Suroit par une centrale que j’appellerait NÉGAWATT
    - cela demeure très intéressant les réseaux de gas naturel étant déjà construit jusque chez l’abonné et parfois même les chaufferies sont existantes il n’y as qu’à tourner le bouton.

    Bien qu’hydro ne le mentionne pas , il y a quelques années ils avaient encore en force des programmes de remplacement de l’huile ou du Gas naturel par de l’électricité comportant un incitatif finacier Hydro as enlevé le gas de ces programme lorsqu’el as acheté Gas Métro Il n’aurait qu’a inverser ces programmes déjà rodé avec une liste de client en leur possession pour récupérer une quantité énorme de Négawatt

    M.G. ing. électricité