Tempête d’idées : Construire le Suroît

Par Etienne Bernier

mardi 13 avril 2004, par Christian Beauchesne


La centrale du Suroît permet de dépolluer l’environnement, et de diminuer l’émission de GES dans plusieurs scénarios, dont ceux-ci :
- l’électricité du Suroît est utilisée pour alimenter des thermopompes en remplacment de nos bonnes vieilles fournaises
- l’électricité du Suroît est utilisée pour alimenter des autos électriques en remplacement de nos bon vieux bazous
- l’électricité du Surôît est vendue aux américains, qui pourront en échange arrêter une de leurs centrales thermiques au charbon qui nous chient leurs pluies acides dessus

Ces résultats peuvent paraître surprenants, mais ils sont la conséquence de trois faits qui sont absents du débat :
- le gaz naturel est la plus propre des énergies fossiles, en plus d’avoir un ratio hydrogène/carbone élevé
- le Suroît contient la forme de brûleur la moins polluante, en particulier pour les NOx
- le Suroît est la façon la plus raisonnable d’utiliser le gaz naturel, avec un rendement de 60%, comparé à environ 20% pour un moteur d’auto et 10%* pour une fournaise

* La thermodynamique permet théoriquement de transformer 1 unité de gaz naturel en environ 250/(Tmaison°C-Tdehors°C) unités de chaleur. Le "rendement" d’une fournaise, au plus 90%, doit être divisé par le rendement idéal, de l’ordre de 1000%, pour obtenir un rendement véridique. Ce bas rendement se vérifie par le fait que le Suroît, combiné à une thermopompe pouvant fournir trois unités de chaleur par unité d’électricité, donne un "rendement" de chauffage de 180%, donc déjà deux fois mieux, mais encore loin de l’idéal.

Par ailleurs, je vous pose la question suivante : est-ce qu’on dépense lorsqu’on achète des vêtements, ou lorsque le compte VISA arrive par la poste ? À mon avis la pollution du Suroît a déja été faite, par le gaspillage d’électricité chaque citoyen fait depuis des décennies.

1 Message

  • > Tempête d’idées : Construire le Suroît

    13 avril 2004 14:19, par Christian Beauchesne

    À mon avis, on peut tout faire ce dont vous parlez avec les énergies renouvelables. On est tellement accroc des énergies fossiles qu’on pense que la vie est impossible sans elles. En fait, c’est juste parce qu’on n’a jamais mis les efforts nécessaires pour développer les énergies propres.

    Regardez la rubrique « concentrateur solaire » de cette page Web : http://www.domsweb.org/ecolo/solaire.php

    Vous comprendrez que si notre pays, à l’instar de certains autres, s’enlevait les doigts dedans le nez et qu’il coordonnait le potentiel de ses chercheurs dans la recherche et le développement de vraies solutions durables, les énergies fossiles deviendraient rapidement un funeste souvenir dans l’histoire de l’humanité.

    En attendant, les éoliennes ont fait leurs preuves dans plusieurs pays. L’Allemagne est déjà très avancée à ce niveau. Les allemands en ont une puissance installée de 12,000 MW et comme il y a toujours des éoliennes en fonctionnement sur le réseau, l’éolien fournit en permanence ou en « énergie de base » au moins le tiers de sa puissance installée, soit plus de 4,000 MW. Ces chiffres sont déjà dépassés car les allemands ont pour objectif d’installer 3,000 MW d’éolien supplémentaires à chaque année.

    Vu qu’on est capable d’obtenir la même efficacité que le Suroît avec l’éolien, pourquoi on irait enfumer la planète ? À cause des coûts ?

    Dans l’édition du mardi 24 février 2004 du journal Le Devoir, Réal Reid, un chercheur à la retraite de l’Institut de recherche en électricité du Québec (IREQ), la filiale recherche d’Hydro-Québec a exprimé son point de vue dont voici un extrait :

    « Ce dernier a calculé qu’on pourrait remplacer les 960 MW du Suroît par un mégaparc éolien de 2100 MW capable de produire sur une base annuelle les mêmes 6,5 TWh d’énergie, sans les 2,25 millions de tonnes de gaz à effet de serre. Et sans variation de prix de la matière première. Sur 20 ans, dit-il, le mégaparc éolien coûterait 1,5 milliard de moins à Hydro-Québec parce que le vent ne coûte rien, comme l’eau, augmentant d’autant ses revenus. Réal Reid a appliqué au prix actuel du gaz l’indice d’inflation Nymex. Or, dit-il, les coûts d’exploitation du Suroît vont augmenter beaucoup plus si, comme l’affirment experts et prévisionnistes de la banque centrale des États-Unis, la vogue du gaz là-bas fait doubler les prix d’ici à cinq ans. « Les kilowatts du Suroît pourraient bien coûter alors 10, 12 cents et peut-être davantage », dit-il. Réal Reid récuse carrément les propos de dirigeants d’Hydro-Québec qui présentent l’éolien comme une énergie peu fiable, variable. »

    Et là, on ne compte même pas les $$$dommage$$$ causés à l’environnement et à la santé humaine par l’extraction, le transport et la combustion du gaz naturel.

    Quant au potentiel éolien, il est encore plus considérable que celui de l’hydraulique (voir http://www.ledevoir.com/2004/02/28/48604.html ?273 ). Une bonne partie des éoliennes pourraient être installées à proximité des grands barrages hydroélectriques existants afin d’utiliser les mêmes lignes de transport et ainsi réduire l’impact environnemental de nouveaux corridors à défricher.

    En conclusion, on est mieux de planter des éoliennes plutôt que de se planter avec des centrales thermiques.